
| Evaluation de l'application de la charte de l'aide alimentaire au Niger, Club du Sahel, 1998 |
| III. Mise en oeuvre de l'aide alimentaire |
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Les flux totaux d'aide alimentaire au Niger sur les dix dernières années observent leur plus bas niveau en 1986/87 avec 23 000 tonnes et leur plus haut en 1990/91 avec 94 000 tonnes. L'importante variabilité inter-annuelle de la production reflète les variations climatiques caractéristiques du pays et leurs conséquences sur la production céréalière annuelle. Le Niger reçoit entre 40 000 et 50 000 tonnes durant une année "normale"; cependant, cette moyenne risque vraisemblablement de croître dans l'avenir du fait de la forte croissance démographique et de la relative stagnation de la production céréalière.
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Evolution des types d'aide alimentaire délivrée au Niger
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Année (nov/oct) |
85/86 |
86/87 |
87/88 |
88/89 |
89/90 |
90/91 |
91/92 |
92/93 |
93/94 |
94/95 |
95/96 |
moyenne |
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Urgence |
56 286 |
6 486 |
35 713 |
23 500 |
33 |
46 920 |
1 947 |
5 899 |
63 |
1 422 |
6 105 |
16 761 |
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Projet |
19 694 |
14 550 |
10 428 |
28 755 |
20 014 |
15 756 |
21 318 |
17 892 |
36 149 |
18 846 |
3 2046 |
21 404 |
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Programme |
6035 |
2200 |
8278 |
19241 |
17900 |
31586 |
13200 |
1455 |
16165 |
8238 |
3800 |
11645 |
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TOTAL |
82 015 |
23 236 |
54 419 |
71496 |
37 947 |
94 262 |
36 465 |
25 246 |
52 377 |
28 506 |
41 951 |
49 811 |
Source: Interfais
Sur les dix dernières années, on observe une certaine augmentation de la part relative de l'aide projet au détriment de celle de l'aide programme; cette tendance est d'autant plus forte qu'une partie de l'aide programme se reconvertit en fonds de contrepartie destinés à l'achat local ou triangulaire de denrées en vue de distribution d'aide alimentaire gratuite et ciblée par le Système d'Alerte Précoce (SAP). Ces distributions ne sont pas enregistrées au niveau des statistiques Interfais en tant qu'aide-projet afin d'éviter le double comptage, mais enrichit d'autant les volumes réellement distribués en aide ciblée auprès des bénéficiaires. Ainsi en 1996, le Pakistan a délivré une aide alimentaire de 3 000 tonnes de riz qui a été monétisée par l'OPVN et a permis le rachat de 5 700 tonnes de mil en vue de distribution gratuite au cours de l'année 1996. Cette aide est enregistrée dans les statistiques Interfais pour 3 000 tonnes de riz, en tant qu'aide programme. Afin de tenir compte de ce phénomène les tableaux en annexes 1 et 2 mentionne les livraisons d'aide alimentaire au Niger et leur éventuelle transformation en un autre type d'aide.
Par ailleurs, la part des achats locaux dans l'aide alimentaire suit, elle aussi, une constante augmentation. Représentant environ 5 % il y a dix ans, la part des achats locaux s'élève à 40 % en moyenne ces dernières années et 78 % sur 1997. Les céréales constituent de loin la majorité de l'aide alimentaire délivrée. Elles composent en moyenne 90 % des livraisons d'aide alimentaire totale sur les dix dernières années (75 % en 1997). Enfin, les pratiques lices à l'aide alimentaire sont extrêmement diverses.
Les bailleurs les plus importants depuis 10 ans sont l'Union Européenne (UE), le Canada, l'Allemagne et la France. À partir de 1996, les Etats-Unis ont largement réduit leur coopération et n'interviennent plus que via le canal des ONG. Des donateurs réguliers émergent comme le Japon, le Pakistan. Des donateurs ponctuels sont aussi présents comme l'Italie et l'Arabie Saoudite. D'autres interviennent aussi par le biais de dotations au Programme Alimentaire Mondial des Nations-Unies.
La plupart des bailleurs fournissent une aide alimentaire au gouvernement, soit importée et en général monétisée (c'est le cas des 500 tonnes de dattes de l'Arabie Saoudite monétisées en 1997 et transformées en 527 tonnes de mil), soit prélevée sur le Stock National de Sécurité (SNS) avec un engagement de reconstitution (c'est le cas des 2 000 tonnes de mil prélevées en 1 196 par le Canada en vue d'une distribution gratuite suite aux recommandations du SAP). Cette aide se destine à des projets recommandés par le SAP et en accord avec le donateur (distribution gratuite, distribution de semences et projet Vivres Contre Travail (VCT)). D'autres livraisons d'aide sont aussi effectuées au titre des projets et des programmes soutenus par les bailleurs (c'est le cas du PAM pour ces quatre projets, de l'Allemagne pour ses projets PASPE et PDRT, de l'UE avec son projet PROZOPAS, etc.). Enfin les ONG réalisent, elles aussi, une assistance alimentaire grâce à des financements accordés par les donateurs (USAID pour les ONG américaines et l'UE pour les ONG nationales via une ONG intermédiaire européenne). Il faut enfin noter la présence de dons financiers ou en nature de la part de la société civile et de la communauté nationale, auprès du SAP en vue d'achat locaux pour une assistance alimentaire. À ce titre, environ 2 000 tonnes ont été délivrées en 1997 auprès des populations du Niger.
a) L'aide alimentaire de l'Union Européenne
L'Union Européenne intervient dans des opérations d'aide alimentaire au Niger à travers différents canaux.
" L'Union Européenne et les ONG
En premier lieu, des ONG locales ou internationales bénéficient de financement de l'UE pour des projets d'assistance alimentaire, suite à des requêtes présentées par l'intermédiaire d'ONG européennes. Les produits sont divers: céréales, niébé, lait, sucre, huile, poissons séchés. Les céréales et le niébé sont achetés localement, les denrées restantes sont fournies par Euronaid.
En 1996, l'UE a financé l'approvisonnement d'environ 4 600 tonnes d'aide auprès de cinq ONG: Caritas, Catholic Relief Servie (CRS), Eglise Evangélique du Niger (EERN), Croix Rouge Niger et SOS Sahel. Ces ONG mènent en général des projets de développement mais peuvent intervenir aussi sur des situations d'urgence. Cette aide fournie au titre de 1996 visait les populations des zones considérées particulièrement vulnérables à l'insécurité alimentaire. Cette aide s'inscrivait dans différents types d'activités: microréalisations (VCT), protection des ressources naturelles, banques céréalières, distributions gratuites.
Suite à ce financement, l'UE a mandaté une mission d'évaluation du programme d'aide alimentaire, sur le volet VCT, mené par les 5 ONG 1. Cette évaluation conclut qu'en juin 1997 trois des cinq ONG ont assuré une planification, une exécution et une auto-évaluation acceptable. Les deux ONG restantes ont assuré des opérations de qualité variable suivant les types d'activités et les zones couvertes. La mission d'évaluation a vérifié la distribution effective de 3 012 tonnes sur les 4 569 tonnes prévues. 15 % n'étaient pas encore distribués à la clôture de la mission et 19 % étaient considérés comme perdus. Enfin, le rapport conclut que seuls 45 % des opérations menées l'ont été de manière qualifiée.
1 Rapport final de contrôle/évaluation sur le programme d'aide alimentaire projets VCT 1996 menés par cinq ONG nigériennes, 7 ACP/NIR 089, Cabinet Yero, juin 1997.
Les conclusions peu satisfaisantes de ce rapport pose clairement le problème de la compétence des ONG dans la mise en uvre d'aide alimentaire sous forme de projets VCT. Les volumes attribués semblent parfois dépasser les compétences et les capacités dont sont dotées les ONG. La sous-traitance auprès d'autres ONG locales n'est pas, par ailleurs, une solution car elle entraîne un risque de perte et de manque de contrôle supplémentaire. Un autre problème est aussi soulevé concernant la lourdeur de la chaîne administrative entre l'ONG nigérienne et le bailleur de fonds. Le nombre élevé d'intermédiaires et l'implication parfois non efficaces des ONG intermédiaires européennes ont contribué au retard dans la mise à disposition des fonds, et donc dans le démarrage des travaux. Seule une ONG a achevé son opération d'assistance alimentaire sur 1996.
Les ONG peuvent être, de par leur connaissance des populations et leur flexibilité, de bonnes agences d'exécution de l'aide. Cependant, il semble nécessaire de ne pas surestimer leurs capacités de gestion, de faciliter la mise à disposition rapide des fonds nécessaires à des opérations prévues sur une certaine période. Il est aussi nécessaire du côté des ONG d'améliorer les capacités de leurs membres dans la planification, l'exécution et l'évaluation d'opérations VCT.
Une partie de l'aide alimentaire délivrée au titre de 1996, ayant été distribuées sur 1997, l'UE n'a pas engagé d'aide alimentaire aux ONG au titre de 1997.
" L'expérience de quelques ONG
EERN intervient sur l'ensemble des départements en conduisant des projets VCT orientés autour du reboisement, de la lutte anti-érosion et conservation des sols, des projets d'assistance aux banques céréalières. Cette ONG intervient aussi à Niamey dans le domaine de l'hygiène et de l'assainissement. Elle assure aussi des distributions gratuites auprès de cas sociaux et dotent certaines ONG nationales d'une partie des denrées reçues de l'UE Au titre de 1995 et distribuées en 1996, EERN a reçu environ 1 000 tonnes de vivres dont 600 tonnes de céréales. Au titre de 1996 et distribuées en 1997, EERN a reçu 750 tonnes de mil.
SOS Sahel conduit grâce à l'aide alimentaire des projets d'assistance nutritionnelle, de constructions de dispensaires, de récupérations des eaux et de sols, de lutte contre la désertification, d'aménagements hydro-agricoles et d'alphabétisation et formation des femmes. En 1996, SOS Sahel est aussi intervenu sur des situations d'urgence grâce à un don de 1 500 tonnes de mil. Au titre de 1995 et distribuées en 1996, SOS Sahel a reçu environ 600 tonnes pour son programme normal dont 329 tonnes de céréales. Au titre de 1996 et distribuées en 1997, SOS Sahel a reçu environ 2 150 tonnes dont 1 450 tonnes de mil.
La Croix Rouge Niger utilise l'outil aide alimentaire uniquement en tant qu'aide d'urgence. Suite à la campagne agricole 1995/96, la Croix Rouge a bénéficié d'un don d'aide alimentaire de l'UE d'environ 1 180 tonnes de mil au titre de l'année 1996. Cette aide s'est destinée à l'arrondissement de Dogon Doutchi. La distribution de cette aide, à l'origine prévue sous la forme de projets VCT, a été organisée en deux tranches. La première s'est faite sous la forme de distribution gratuite, car les denrées sont arrivées trop tardivement et leur distribution immédiate sous forme de VCT risquait de perturber les travaux déjà engagés de la campagne agricole 1996/97. La distribution s'est interrompue au moment de la récolte, 700 tonnes ayant été distribuées. Elle a repris en début d'année 97 pour un volume de 490 tonnes environ sous la forme prévue initialement de projets VCT.
" L'Union Européenne et le SAP
L'Union Européenne participe relativement régulièrement à des opérations d'aide alimentaire à travers le SAP. En 1997, cette assistance a pris deux formes.
Suite à la forte augmentation des prix des céréales, il a été organisé des ventes à prix modérés. Deux opérations soutenues par l'UE et la coopération française ont été réalisées, la première en avril et la seconde durant juillet et août. L'UE a fourni dans ce cadre 4 020 tonnes de mil. Ces céréales ont été vendues au prix de 14 000 FCFA/100 kg, en petit lot, afin que les plus démunis puissent y accéder. La détermination des points de vente s'est faite aux niveaux central, régional et sous régional. Ont été sélectionnés 6 centres dans le département d'Agadez (prix moyen mensuel à la consommation au sac de 100 kg en juillet 2: entre 16 900 et 17 800 FCFA), 8 centres à Dosso (prix juillet 15 100 à 20 700 FCFA), 11 à Tahoua (prix juillet: entre 16 900 et 18 000 FCFA), 8 centres à Zinder (prix juillet: 14 200 à 16 000 FCFA), 7 centres à Diffa (prix juillet: entre 15 300 et 16 000 FCFA), 4 centres à Maradi (prix juillet: 14 400 et 16 200 FCFA), 14 centres à Tillaberry (prix juillet: entre 14300 et 18300 FCFA) et 3 centre à Niamey Commune (prix juillet: entre 16 600 et 17 300 FCFA).
2 L'ensemble des prix cités dans ce chapitre est issu du "bulletin mensuel du SIM", juillet 1997, OPVN.
Par ailleurs, l'UE a aussi financé l'achat de semences de mil distribuées courant juillet dans l'ensemble des départements ruraux sauf Agadez. Cependant, ces semences semblent avoir été distribuées tardivement par rapport au déroulement de la campagne agricole et il existe un risque probable que les populations en aient consommé tout ou partie.
Enfin, en 1996, l'État a prélevé 4 017 tonnes du stock de sécurité dans l'objectif d'une distribution gratuite suite à la campagne agricole déficitaire 1995/96. La majorité (3 017 tonnes) a été distribuée dans le département de Zinder. La délégation de la Commission Européenne se serait engagée à reconstituer le stock à hauteur du prélèvement. Cependant, il semblerait que la délégation se soit engagée sans l'accord de la Commission et que l'opération de reconstitution pose aujourd'hui problème. Les assistances alimentaires actuelles de l'UE sont à considérer comme des aides au titre de 1997 et non comme une reconstitution du prélèvement de 1996.
Le projet de développement en zone pastorale nord Tahoua et ouest Agadez (PROZOPAS)
Ce projet a pour objectif de préserver la production animale. Il vise à assurer une gestion équilibrée des ressources naturelles, à procurer de meilleures conditions de vie aux ménages éleveurs et à améliorer la commercialisation du bétail. Pour cela, des activités sont menées dans le domaine de l'hydraulique, de la santé animale, de l'éducation de base, de l'environnement, de la santé humaine et de la sécurité alimentaire. Dans ce dernier domaine, il est prévu la définition d'un programme de banques céréalières, la construction de magasins et la réalisation de micro projets de VCT. A ce titre, l'UE délivre de l'aide alimentaire. Cependant, les volumes concernés n'ont pu être collectés à ce jour.
b) ONG sur fonds propres
Croix Rouge Niger
La Croix Rouge Niger a bénéficié en 1996 et 1997 d'un financement de la Croix Rouge Internationale. En 1996, la Croix Rouge a pu distribué 1 350 tonnes de mil auprès de 22 000 personnes habitant l'arrondissement de Ouallam. En 1997, en coordination avec Médecins Sans Frontières et le ministère de la Santé, l'ONG a délivré environ 390 tonnes d'aide (dont 311 tonnes de mil) à travers 10 centres de récupération nutritionnelle de l'arrondissement de Tanout. La Croix Rouge a aussi assisté en 1996 et 1997 les populations de certains départements ayant souffert des inondations ou d'incendies (12 tonnes de mil en 1996 et 3 tonnes de mil en 1997).
Caritas
Caritas intervient grâce à l'aide alimentaire principalement dans le domaine de l'urgence suite aux requêtes fournies par ses huit sections présentes au sein de chacun des départements. Ces requêtes, une fois agréées, font l'objet d'une consolidation et d'une soumission aux missions Caritas européennes et à d'autres organismes caritatifs. Grâce aux financements de ces derniers, Caritas Niger se charge d'acheter des vivres localement et de les délivrer à ses sections départementales. A ce titre 830 tonnes de mil et 25 tonnes de niébé ont été délivrées aux sections en vue de distribution gratuite pour la majorité auprès des populations.
c) L'USAID
L'USAID, grâce au fonds d'urgence de son Programme d'Atténuation des Catastrophes (PAC), a délivré une assistance alimentaire de 1994 à début 1997. Quoique le fonds d'urgence soit encore existant, le programme s'est arrêté suite au retrait de la coopération américaine au Niger courant 1996. Le fonds résiduel a été alloué aux ONG américaines dont entre autres CRS, CARE, Africare. Les ONG destinent ce fonds à des projets de sécurisation alimentaire (CARE, en particulier, envisage des enquêtes socio-économiques auprès des ménages de la région de Maradi). Avant la redistribution de ce fonds auprès des ONG, le projet PAC a fonctionné et mené des micro-réalisations à partir de projets VCT, de distribution de semences pour un équivalent de 4 500 tonnes en 1996 et de 900 tonnes début 1997. Ces micro-réalisations présentaient l'avantage d'une alternative aux distributions gratuites menées suite aux recommandations du SAP. Par ailleurs, le financement des projets se présentant sous la forme d'un fonds financier, la mise en place des denrées pouvait se réaliser rapidement. Aujourd'hui, il semble que le SAP/GC favorise dès qu'il le peut les actions de VCT plutôt que l'aide gratuite. Cependant, il semble que les expériences positives tirées de ce projet ne soient pas encore mises en valeur dans la mise en uvre de l'aide alimentaire le SAP. Par ailleurs, la relative lenteur des réponses de la communauté internationale aux requêtes d'aide alimentaire peut obliger une distribution gratuite au détriment de réalisation de projets VCT (lorsque par exemple la denrée n'est disponible qu'au moment de la campagne agricole et qu'il ne faut pas que sa distribution dissuade les populations de s'occuper des travaux agricoles).
L'USAID a financé CRS en 1997 pour une opération d'aide alimentaire d'urgence sur Tanout et Mirriah. CRS a demandé l'assistance de Caritas pour l'organisation de la distribution. 1 080 tonnes de céréales locales ont été distribuées dans l'arrondissement de Tanout à travers des projets VCT, et 1 500 tonnes de blé ont été importées en provenance de la sous-région. Sur ces 1 500 tonnes, 420 tonnes ont été distribuées sous la forme de projets VCT dans l'arrondissement de Mirriah et 1 080 tonnes ont été distribuées gratuitement auprès des populations de l'arrondissement de Tanout.
d) La coopération canadienne
Le Canada a régulièrement délivré de l'aide alimentaire à travers le canal du SAP/GC. En 1996, suite à la requête gouvernementale, le Canada a prélevé 2 000 tonnes de mil sur le SNS avec engagement de reconstitution. Cette aide a été distribuée gratuitement auprès des populations des arrondissements de N'guigmi et de Diffa, marquées cette année-là par des indices de vulnérabilité de 68 et de 60, respectivement (plus forts indices de l'année 1996). Afin d'honorer son engagement de reconstitution du stock, le Canada s'est engagé dans l'importation de 3 000 tonnes de farine de blé canadienne. Cette aide, une fois au Niger, devait être monétisée et 25 % du fonds de contrepartie devaient se destiner à l'achat de mil local en vue de la reconstitution du SNS à hauteur des 2 000 tonnes de mil prélevées en 1996. Les 75 % restant devaient permettre le financement d'un projet conjoint entre l'UNICEF et des ONG dans la zone nord du Niger. Ce projet vise Il favoriser les organisations locales; ces dernières devant permettre de meilleures prestations de service de santé et de nutrition. D'autres domaines d'interventions sont aussi prévus comme le domaine sanitaire.
Cependant, du fait d'un important problème d'acheminement de l'aide à travers le Ghana, la farine n'est arrivée qu'au cours des mois de mars et avril de 1997 et environ 400 à 500 tonnes ont été perdues lors du transport. Un accord a été signé avec l'OPVN concernant la monétisation de cette aide. L'appel d'offre lancé par l'OPVN n'a pas permis de retenir des propositions commerciales satisfaisant la coopération canadienne. Les commerçants proposant les prix les plus intéressants n'étaient pas des professionnels de la filière farine de blé et n'inspiraient pas la confiance nécessaire pour la concrétisation du marché. Les acheteurs plus compétents dans la filière proposaient, quant à eux, des prix jusqu'à 40 % inférieurs au prix attendu par la coopération canadienne. L'OPVN a recommandé de passer un marché auprès de ces derniers; cependant, la coopération canadienne, relativement mécontente de la prestation de service de l'OPVN, a refusé. La coopération canadienne pense que l'OPVN n'a pas été suffisamment vigilant dans l'appel d'offre. Par contre, l'OPVN considère que le prix espéré par la coopération canadienne était trop élevé par rapport au prix du marché nigérien. Par ailleurs, l'OPVN est obligé de jongler avec les exigences des donateurs qui imposent un certain type de denrée et un certain niveau de monétisation qui n'apparaît pas toujours faisable dans le contexte du marché nigérien. Enfin, l'OPVN mentionne que la technique de l'appel d'offre n'est pas familière au milieu des commerçants nigériens. Ces derniers se présentent sur n'importe quel marché sans montrer de garanties, de compétences lices à la filière concernée par le marché. En parallèle à cette mésentente, une coalition des acheteurs s'est organisée permettant de maintenir le prix à un niveau bas (200 000 FCFA la tonne ou moins). Cette mésentente a conduit la coopération canadienne à retirer en mai le dossier de la responsabilité de l'OPVN.
Actuellement, la coopération canadienne est en relation avec le ministère du Plan, qui semble conscient des difficultés auxquelles doit faire face le Canada pour écouler rapidement le stock de farine restant. Cette collaboration vise à établir une stratégie de commercialisation et à briser le blocus des commerçants. La monétisation se fait donc directement avec le ministère du Plan. Seules 700 tonnes ont pu être vendues, cependant dans une fourchette de prix plus satisfaisante (entre 240 000 et 280 000 FCFA la tonne). Il n'en reste pas moins que la conservation de cette farine de blé peut commencer à poser des problèmes. Par ailleurs, la reconstitution du stock prélevé début 96 ne se fera pas avant 1998.
e) La coopération allemande
La coopération allemande conduit des opérations de VCT à travers deux projets de développement: le PDRT (Projet de Développement Rural de Tahoua) et le PASP (Projet Agro-Sylvo-Pastoral de la zone de Fillingue, Ouallam et Tera). Ces deux projets contribuent, dans leur ensemble, à la réalisation de mesures anti-érosives, à une meilleure gestion des territoires, à la reforestation, à la promotion de comité villageois, etc.
Au sein du PDRT, la distribution d'aide alimentaire est lice aux réalisations faites et aux travaux entrepris par les populations alors qu'au sein du PASP, la distribution vise à inciter les populations à participer et s'adresse aux villages participants. Dans ce dernier cas, la destination de l'aide n'est pas forcément le ménage nécessiteux mais le village dans son intégralité.
L'aide alimentaire des deux projets intervient la plupart du temps sous la forme de projets VCT; cependant, il arrive que des distributions gratuites soient organisées lorsque des situations critiques apparaissent et que l'intervention par VCT apparaît impossible. Ces projets sont conduits directement par la GTZ.
Suite à la campagne agricole 1995/96, 5 000 tonnes de mil ont été prélevées du stock de l'OPVN à un prix relativement bas (environ 100 000 FCFA la tonne). La forte augmentation des prix des céréales sur l'année 1996, n'a pas permis à l'OPVN de reconstituer son stock à hauteur du prélèvement effectué. L'OPVN a perdu environ 30 % du volume prélevé dans la reconstitution. Au titre de la campagne agricole 1996/97, l'Allemagne a procédé en coopération avec l'OPVN à un achat local de 3 500 tonnes de céréales. Ces deux opérations ont mené, par l'intermédiaire des deux projets PDRT et PASP, à des distributions de volumes équivalents en 1996 et 1997. Le PASP a aussi distribué 176 tonnes d'aide alimentaire de la coopération suisse suite à une requête directe de 4 villages où intervient le projet.
f) La coopération belge
La Belgique intervient relativement régulièrement dans des projets d'aide alimentaire. Depuis 1996, environ 1 500 tonnes ont été achetées localement. Environ 600 tonnes ont été achetées en 1996 et environ 900 tonnes en 1997. 1 000 tonnes sont destinées au stock de sécurité et pourront éventuellement être utilisées pour des ventes à prix modérés. Sur ces 1 000 tonnes, 900 tonnes ont été acquises à Magaria (département de Zinder) et y sont actuellement stockées, le prix de vente à Magaria étant intéressant au moment de l'achat et la zone pouvant avoir besoin d'une vente à prix modérés ultérieurement. Les 500 tonnes restantes sont destinées à être monétisées auprès d'ONG utilisant des céréales pour leurs projets; le fonds de contrepartie résultant peut éventuellement participer au financement du SIM céréales pour l'année 1998, ce dernier souffrant actuellement d'une diminution du financement de l'UE sans reprise par le budget de l'Etat.
g) La coopération française
La France est un donateur régulier d'aide alimentaire au Niger. Ses engagements annuels s'élèvent en moyenne à 5 000 tonnes de maïs, importées de la sous-région. Ces achats triangulaires visent la promotion des échanges régionaux. Cependant, ces opérations ne se réalisent pas forcément sur l'année d'engagement du fait des retards accumulés sur les livraisons précédentes et des difficultés rencontrées lors des opérations d'achats triangulaires. Ainsi l'engagement 1994 de 7 000 tonnes de mais s'est concrétisé sur trois années, de 1994 à 1996. Au titre de 1996, la France s'est engagée à livrer 5 000 tonnes de mais et mil; à ce titre, 1 000 tonnes de maïs et 3 1 10 tonnes de mil ont été délivrées en 1997; reste à exécuter une tranche de 790 tonnes, dont la livraison est prévue d'ici la fin 1997. Au titre de 1997, la France s'est engagée sur la livraison de 5 000 tonnes; aucun achat n'a été pour l'instant réalisé sur cet engagement.
L'aide française se destine à diverses utilisations. Une partie de l'aide est distribuée en coordination avec le SAP. Des dons directs (distributions gratuites) auprès des populations ont été organisées en 1994 (500 tonnes), 1995 (350 tonnes), et 1997 (680 tonnes). Ces distributions faisaient suite à des inondations et à des situations de déficit alimentaire du fait de sécheresses localisées. En 1995, l'aide distribuée visait la région d'Agadez en vue de contribuer au maintien des accords de paix dans la zone.
En 1997, environ 3 000 tonnes de mil et mais ont été vendues à prix "social", dans certaines zones touchées par de fortes augmentations des prix des céréales (cf. partie aide Union Européenne et le SAP pour le choix des centres de vente). Les fonds issus de la vente sont imputés à un fonds de réserve financière.
En dehors des activités d'aide alimentaire délivrées par le SAP, une partie de l'aide française se destine à la vente libre sur le marché. La contrepartie de la vente s'impute au fonds de réserve financière. Ce fonds était à l'origine destiné à constituer une partie du fonds financier de sécurité alimentaire (initialement prévu pour un équivalent de 40 000 tonnes de céréales locales); ce dernier n'ayant jamais vu le jour effectivement, la coopération française utilise ce fonds de contrepartie pour l'achat et le financement du transport de céréales de la sous-région et la distribution gratuite en coordination avec le SAP vers des zones vulnérables. En 1995 et 1996, 5636 tonnes ont été vendues et le fonds de contrepartie équivalent a permis le financement de l'achat et du transport d'environ 3 200 tonnes de céréales et la distribution de 2 850 tonnes en 1996 principalement auprès des arrondissements de Tahoua, Tchirozérine, Arlit commune et Agadez commune et de 350 tonnes en 1997.
Enfin, en 1995 et 1996, la France a respectivement importé 90 tonnes et 100 tonnes de farine vitaline (farine enrichie) produite au Burkina Faso pour alimenter 25 dispensaires du département d'Adagez. La livraison au titre de l'année 1997 est prévue pour la fin 97.
La livraison effective d'aide alimentaire française sur une année n'a pratiquement aucun lien avec le niveau engagée d'aide sur la même année. Ainsi sur 1996, n'ont été livrées que 510 tonnes de maïs (relevant d'un engagement 1994) alors que l'engagement prévu de la France pour cette même année s'élevait à 5 000 tonnes. Cependant, grâce à l'utilisation de fonds de contrepartie et à la flexibilité de ce fonds de réserve, la France a pu, la même année, compléter la distribution à hauteur d'environ 2 850 tonnes.
h) La coopération italienne
Les interventions de l'Italie en matière d'aide alimentaire sont ponctuelles. Environ 1 000 tonnes de riz importées d'Italie étaient prévues pour le Niger en 1996. Ce riz est parvenu à Cotonou (Bénin) lors du coup d'État début 1996. Il a alors été décidé de destiner ce riz au Cap Vert. En 1997, du fait de la disponibilité d'environ 1 milliard de lires italiennes pour le Niger, la coopération a fait parvenir environ 1 100 tonnes de riz qui devront être vendues par appel d'offres par l'OPVN Le fonds de contrepartie se destinera dans la mesure du possible à des projets liés à la sécurité alimentaire.
i) Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies
Le PAM gère depuis plusieurs années quatre programmes d'aide ciblée: un projet "cantines scolaires", un projet santé (distribution de rations alimentaires via les centres de santé et de soins materno-infantiles), un projet à objectifs multiples (projets VCT essentiellement en milieu rural) et un projet de VCT intégré au vaste projet financé de développement de l'arrondissement de Keita.
Le projet à objectifs multiples a été évalué en 1994. Globalement, le projet a été jugé relativement inefficace. Seul le volet "banques de céréales" mené en coordination avec le BIT dans le département de Zinder méritait attention. L'évaluation a donc recommandé la clôture du projet. Celui-ci a encore fonctionné durant 1996 et 1997, années durant lesquelles ont été distribuées respectivement 3 470 tonnes et 4 845 tonnes de vivres. L'activité devrait s'arrêter fin 97.
Le projet santé devait se terminer théoriquement fin 1997, une prolongation des activités a été demandée et la fin du projet a été repoussée à fin 98. Ce projet doit être évalué en janvier 98 afin de redéfinir les objectifs du projet. Actuellement, on observe un saupoudrage sur l'ensemble des arrondissements du Niger sans logique autre qu'une couverture la plus large possible. Depuis plusieurs mois, le PAM Niger réfléchit à une nouvelle approche ciblant en priorité les arrondissements particulièrement vulnérables en termes d'accès au soin et à la malnutrition. Dans ces arrondissements, l'optique serait de couvrir l'ensemble des centres de santé et l'ensemble des femmes enceintes et allaitantes et des enfants de moins de cinq ans fréquentant le centre. L'évaluation de janvier devrait permettre d'élaborer une stratégie d'approche plus efficace que celle actuellement pratiquée. Depuis 1996, il faut noter que l'approvisionnement de 12 centres s'est arrêté du fait de mauvaise gestion. Par ailleurs, le PAM a renforcé son action dans l'arrondissement de Tanout (arrondissement ayant particulièrement souffert des deux dernières campagnes agricoles et où les populations sont particulièrement démunies) en ouvrant 6 centres supplémentaires. La nouvelle phase du projet devrait prendre place début 1999 pour une durée de 4 ans. Au titre de ce projet, environ 7 000 tonnes ont été distribuées en 1996 dont 5 550 tonnes de céréales et au titre de 1997, environ 3 700 tonnes ont été distribuées en 1997 dont environ 2 800 tonnes de céréales.
Le projet "cantines scolaires" a longtemps été organisé autour d'une cible très large à l'image du projet santé. Ce projet évalué en 1996 a mené à une redéfinition des objectifs visant la concentration de l'aide dans les zones nomades et transhumantes et auprès des filles. Il a été décidé, qu'en plus des rations consommées par l'enfant à l'école, un sac de mil de 100 kg serait distribué par trimestre auprès des ménages dans lesquels une fille suivrait une scolarisation régulière (et deux sacs pour les ménages dont deux ou plus de deux filles suivraient une scolarisation régulière). Les écoles ciblées sont celles où moins d'un tiers des enfants scolarisés sont des filles. Au titre de 1996, 3 300 tonnes de vivres (dont 2 040 tonnes de céréales) ont été distribuées dans les écoles et 2 900 tonnes en 1997 (dont 1 715 tonnes de céréales).
Le projet Keita du PAM consiste en des activités d'appui du projet de développement rural de l'arrondissement de Keita financé par la coopération italienne. Ces activités sont des projets VCT. Selon le PAM, l'assistance alimentaire dans cette région a suffisamment duré et il serait nécessaire de réfléchir à un retrait progressif des activités d'aide alimentaire de la région et à un transfert éventuel de l'expérience globale vers une autre région. Cependant la cessation des activités du PAM et leur éventuel transfert restent assujettis aux décisions du maître d'uvre du projet, la FAO, qui, pour l'instant ne semble pas officiellement envisager de réitérer l'expérience ailleurs. Au titre de ce projet, 2 510 tonnes ont été distribuées en 1996, dont 2 060 tonnes de céréales et 1 840 tonnes en 1997, dont 1 500 tonnes de céréales.
Enfin, le PAM assiste le haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies dans le rapatriement des réfugiés touaregs. Le PAM Niger est concerné par deux opérations. La première consiste à accompagner le départ des réfugiés touaregs maliens présents dans la zone Nord de Tillaberry, la deuxième consiste à assister les réfugiés touaregs nigériens présents en Algérie et au Burkina Faso et rapatriés au Niger. L'assistance consiste en la fourniture de 3 mois de vivres de la part du pays d'accueil pour effectuer le voyage et 3 mois de vivres de la part du pays destinataire pour assurer une installation. De gros problèmes se posent dans l'identification de ces réfugiés et dans leur localisation. Les estimations actuelles portent le nombre de réfugiés touaregs présents au Niger à 15 000. Et les rapatriements des réfugiés touaregs nigériens portent sur une population de 3 900 personnes (environ 400 personnes du Burkina Faso, et 3 500 personnes en provenance d'Algérie). Au titre des rapatriements, environ 53 tonnes dont 42 tonnes de céréales ont été distribuées en 1997 sur un tonnage global prévu de 940 tonnes.
Dans la mise en uvre de l'aide alimentaire, l'Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN) intervient à 4 niveaux:
- la gestion du stock national de sécurité: achats, stockage, protection des stocks et contrôle de qualité;- la mise en place de l'aide alimentaire dans les localités de distribution;
- la gestion de l'aide alimentaire en termes de vente de l'aide importée, d'achats locaux de céréales destinées à la reconstitution du stock de réserve et de distributions;
- le système d'information et de suivi des marchés céréaliers.
L'OPVN dispose d'un parc de 24 camions lui permettant de transporter 10 000 tonnes par mois, d'un réseau d'infrastructures de stockage de 130 000 tonnes et d'une longue expérience en matière de commercialisation de céréales et de gestion de stocks de sécurité.
Sur les 48 000 tonnes d'aide alimentaire distribuées au titre de 1996, on estime que l'OPVN a mis en place 30 040 tonnes (soit 63 %), se répartissant en 22 173 tonnes d'aides distribuées gratuitement (74 %), et 7 867 tonnes (26 %) sous forme de VCT.
Sur ces 30 040 tonnes prélevées à titre de prêt sur le stock de réserve, 24 724 (soit 82 %) ont été acheminées par les moyens logistiques de l'OPVN.
L'OPVN devait acheter localement l'équivalent des prélèvements effectués par l'Etat et les donateurs, en vue de la reconstitution du stock de réserve, ce qui ne semble pas être le cas, car le niveau de celui-ci qui était de 8 000 tonnes en avril 1997 est descendu à 2 000 à la fin de septembre de cette année.
Ces chiffres montrent l'importance du rôle joué par l'OPVN dans la mise en uvre de l'aide alimentaire au Niger.
Il s'acquitte de sa mission à la satisfaction du Gouvernement et de la grande majorité des donateurs. En effet, Il possède une bonne connaissance des marchés et des opérateurs privés grâce à son système d'information et de suivi. Il dispose de compétences techniques. Toutefois, l'OPVN éprouve de grandes difficultés dans ses opérations d'achats, de transfert et de ventes de céréales qu'il explique selon les raisons suivantes:
- son implication, dès le départ dans les procédures d'acquisition et de livraison des produits et de détermination de leurs prix de cession, aurait permis d'éviter les invendus de l'aide, dus à ]La nature des produits (farine de blé), leur qualité (humidité du riz élevée) et à l'inadéquation de la période de livraison entraînant des difficultés d'écoulement (prix élevé par rapport à ceux du marché);- l'absence de plans annuels de distribution d'aides, arrêtés d'un commun accord par le Gouvernement et les donateurs, ne contribue pas à rationaliser ses interventions; il est obligé de négocier avec chaque partenaire ses offres de service et d'accepter le plus souvent des taux de rémunération relativement bas, situés généralement entre 4 et 5 % de la valeur du produit;
- toutes les opérations de transfert, qui sont déjà onéreuses, sont préfinancées par l'OPVN, ce qui exige un important besoin en fonds de roulement;
- enfin le retard du règlement de ses factures constitue un sérieux handicap pour faire face aux besoins de trésorerie.
Certaines de ces questions, en particulier celles lices à la reconstitution du stock de réserve, doit faire, à partir d'octobre, l'objet d'une réflexion globale et concertée entre le Gouvernement et les donateurs. Dans ce cadre, certains pensent que la mission de l'OPVN devra être redéfinie pour tenir compte de tous les changements intervenus ces dernières années (déficit céréalier chronique, programme d'ajustement structurel impliquant plus largement le secteur privé). Par ailleurs, la plupart des donateurs semblent satisfaits de la compétence de l'OPVN sur les opérations d'achats et de vente de l'aide alimentaire. Seul le Canada manifeste un mécontentement sur l'activité de l'OPVN dans ce domaine. Ce qui est certain est que la diversité des politiques, des pratiques, des contraintes, des volontés et des produits utilisés par les donateurs ne contribuent certainement pas à une meilleure efficacité de l'OPVN dans la gestion de l'approvisionnement et des ventes de l'aide.
Enfin, plusieurs donateurs soulignent le manque de transparence dans la gestion du stock physique de réserve et des fonds de contrepartie. Il est certain aujourd'hui, qu'aucun acteur hors de l'OPVN ne connaît avec exactitude le volume physiquement présent dans le stock de sécurité, le volume engagé pour sa reconstitution, les délais concernés et enfin le volume manquant pour atteindre le niveau conseillé de 40 000 tonnes physiques. Dans ce contexte, une reconstitution du stock par les donateurs semble irréalisable. Dans un premier temps, il est nécessaire qu'un état des lieux du stock et des engagements soit fait et diffusé dans un souci de transparence, afin de marquer la bonne volonté de l'État de rétablir un dialogue et une concertation sur des bases saines.
a) Entre les institutions gouvernementales
Il existe un bon niveau de concertation entre les institutions dans le cadre des activités de prévention des crises alimentaires. Le Groupe de Travail Pluridisciplinaire (GTP) semble bien fonctionner et les informations échangées et publiées grâce au SAP sont pertinentes et régulières.
b) Entre les donateurs
La coordination reste limitée à des échanges d'informations principalement de manière ex post , c'est-à-dire une fois les décisions d'interventions faites en matière d'aide alimentaire au sein de chaque coopération. Ceci est principalement dû à l'absence d'une stratégie d'intervention proposée par le gouvernement et donc à l'absence de cadre de coordination des opérations d'assistance alimentaire. Par ailleurs, les donateurs reconnaissent un manque de coordination dans la planification des achats locaux. Dans un contexte de pénurie, ceci a abouti à un retard d'approvisionnement, à des achats aux coûts élevés et à des difficultés pour l'OPVN de reconstituer à coûts faibles et rapidement. Il existe dans ce domaine une volonté réelle parmi les donateurs de mieux se coordonner. Dans cette optique, le PAM a dernièrement diffusé son planning d'achat pour l'année à venir.
c) Entre les donateurs et le gouvernement
La coordination reste faible. Un cadre légal de concertation existe, qui doit être redynamisé, comme le recommandent les conclusions de l'Atelier National sur le "Diagnostic et la Stratégie Alimentaire pour le Niger" (23-24 septembre 1997). Les donateurs semblent prêts et plusieurs appels de leur part ont été faits dans ce sens depuis 1996. L'absence de concertation à ce niveau mène à l'absence de politiques concertées sur l'aide alimentaire et l'absence de propositions concrètes et coordonnées d'interventions en cas de crises alimentaires. Le niveau faible de transparence dans la gestion du stock de sécurité, son évolution et sa reconstitution ne contribue pas à favoriser une meilleure coordination.