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close this bookLe sorgho, Maisonneuve et Larose, 1991
close this folderIX. Récolte - séchage - battage
View the document9.1 - La récolte
View the document9.2 - Le battage
View the document9.3 - Le stockage

9.3 - Le stockage

La plus grande partie de la production de sorgho des paysans africains est gardée au niveau du village pour être utilisée sur place. Les dispositifs traditionnels de stockage, qui sont le fruit d'une longue expérience, sont parfaitement adaptés aux conditions locales. On peut cependant leur apporter quelques améliorations.

Le stockage est fait soit sous forme de panicules, soit sous forme de grains. Le stockage en panicules est le plus répandu. Les greniers traditionnels sont construits en matériaux d'origine végétale et reposent sur des blocs de pierre ou de latérite. Etant aéré, ce type de stockage évite la formation de «poches de chaleur» favorables au développement des moisissures.

Au Sahel, on trouve un grand nombre de greniers spécifiques de la tradition, des ethnies et variables dans leur volume, leur forme et la nature des matériaux employés: greniers aérés faits de matériel végétal et greniers à parois pleines fabriquées en pisé.

Le stockage en grain est réalisé de façon traditionnelle dans des silos à parois pleines: greniers en banco en argile malaxé avec ou non des fragments végétaux, ou avec des briques d'argile. L'insertion de films plastiques dans les parois, éventuellement la pose d'un revêtement réalisé avec de la peinture imperméable ou un produit bitumineux peut améliorer l'étanchéité.

Le stockage en greniers enterrés est surtout répandu en Inde mais on peut le trouver dans certains pays d'Afrique de l'Ouest.

Des stockages en grains plus importants en volume peuvent être réalisés tant au niveau individuel que collectif (village ou coopérative). La conservation en sacs plastiques épais a été testée mais les rats ont tôt fait de percer les sacs ouvrant ainsi la voie à d'autres ravageurs.

La conservation en silos de type individuel se présente sous différentes formes:

- Le fût de 200 litres, rare sur le marché ou le fût métallique cana - grenier ITA constitué d'une tôle enroulée et soudée, à fonds emboutis étanches. Le principe de la conservation consiste à asphyxier les insectes par manque d'oxygène et surproduction de gaz carbonique.

- Le silo métallique est constitué de quatre tôles ondulées galvanisées de 80/100 assemblées par des boulons suivant leur longueur. Il est recouvert d'un toit conique également en tôle. La capacité varie de 1,5 à 2 t pour un diamètre de 1 m environ et une hauteur comprise entre 1,8 et 2,5 m.

- Le silo CARRERAS (fig. 9) est réalisé à l'aide de parpaings agglomérés auto - coffrants courbes surmontés d'une toiture en béton coulé sur un coffrage en forme de parapluie: sa capacité est de 3,5 m³.

- Le silo magain (fig. 10) se présente sous la forme d'un mini - magasin rectangulaire couvert, construit en agglomérés de ciment et recouvert d'un toit en tôle contenant des casiers en parpaings situés de part et d'autre d'un couloir central. On dispose de 11 m³ environ en quatre cellules. Ce silo donne des résultats techniques satisfaisants; sa construction et son maniement sont aisés.


Fig. 9. - Silo CARRERAS.


Fig. 10. - Silo magasin. Source: Machinisme agricole tropical, n° 93, janvier - mars 1986, CEEMAT.

Les traitements insecticides

Le principe du traitement des stocks avec des insecticides de contact consiste à enrober chaque grain d'une pellicule de poison qui tue l'insecte. Il se pratique soit par adjonction de poudre par saupoudrage, soit par utilisation de bombes aérosols ou de bouteilles, soit par utilisation de concentrés émulsifiables épandus par pulvérisateur.

Les produits disponibles sont les suivants:

- Les organo - phosphorés: MALATHION, DICHLORVOS et BROMOPHOS devraient être remplacés par:

" l'ACTELLIC à la dose de 10 g m.a./tonne de grain
" le RELDAN à la même dose
" le SATISFAR à la même dose
" le DAMFIN à la dose de 10 à 12 g m.a./tonne de grain.

Ces produits sont peu toxiques pour l'homme et leur rémanence est intéressante (un peu moins bonne pour le DAMFIN).

- Les pyréthrinoïdes de synthèse:

" Le RESBUTHRIN liquide à la dose de 1,5 cm³ de m.a./tonne de grain
" la K - OTHRINE à la dose de 1 g m.a./tonne de grain. Rappelons enfin que le HCH est à proscrire.

- Le traitement par fumigation

Ce traitement curatif consiste à introduire un gaz ou fumigant dans une enceinte étanche et à le maintenir à concentration suffisante pendant un temps donné.

Il y a beaucoup de produits fumigants mais les trois plus intéressants sont:

" le BROMURE DE MÉTHYLE qui se présente sous forme gazeuse

" le TÉTRACHLORURE DE CARBONE qui est liquide

" L'HYDROGÈNE PHOSPHORE ou PHOSMINE qui se présente en pilules ou comprimés qui libèrent la matière active sous l'effet de l'humidité ambiante.

La dose à utiliser dépend de la sensibilité des différents stades du ravageur.