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close this bookRavageurs des cultures tropicales, Maisonneuve et Larose, 1992
close this folder2. Les ravageurs par culture
close this folder2.9 - Ravageurs du riz et du maïs
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View the document2.9.1 - Chenilles mineuses
View the document2.9.2 - Chilo zacconius
View the document2.9.3 - Chenilles défoliatrices
View the document2.9.4 - Diopsides
View the document2.9.5 - Punaises

(introduction)

Quatre grands groupes d'insectes sont responsables des dommages les plus fréquents observés sur cultures de riz: les chenilles mineuses des tiges, les chenilles défoliatrices, les diptères Diopsides et Cecidomyies, enfin les punaises.

2.9.1 - Chenilles mineuses

Sesamia calamistis , le borer rose, est une noctuelle assez polyphage qu'on rencontre sur maïs, riz, mil, sorgho, canne à sucre et graminées sauvages. Le papillon de coloration ocre sale mesure 22 à 35 mm d'envergure, la chenille est rose et atteint 35 mm de long.

Les jeunes chenilles broutent d'abord les tissus épidermiques avant de pénétrer dans les tiges en creusant des galeries tapissées de soie. Le nombre de générations par campagne varie de 3 à 6 et les dégâts se traduisent par la mort de la tige en cas d'attaques précoces, par un jaunissement parfois la rupture des tiges ordinairement la présence d'épillets stériles.

Les variétés à fort pouvoir de tallage doivent être préconisées car leur faculté de récupération leur permet de limiter les dégâts.

La lutte chimique ne doit être envisagée qu'en cas de très fortes infestations car deux parasitoïdes, l'un sur les chenilles, Apanteles sesamiae , l'autre sur les nymphes, Pediobius furvum , limitent l'extension de ces lépidoptères.

2.9.2 - Chilo zacconius

Cette pyrale est inféodée au riz.

Les chenilles de 15 à 20 mm de long sont de couleur blanc ivoire avec des bandes longitudinales brun à rosâtre, la tête est noire.

Sur jeunes plantes, les chenilles dévorent les tissus foliaires, puis s'introduisent dans la partie basale de la tige provoquant la mort du talle. Sur plantes en montaison, la chenille creuse une galerie qui empêche l'alimentation de la hampe florale. Il en résulte une stérilité des épis qu'on observe sous le nom d'épis blancs.

Une bonne hygiène des rizières, la destruction des riz sauvages, la remise en eau après récolte qui élimine les populations d'inter-campagne constituent de bons moyens de protection.

L'entomofaune parasitaire permet une régulation acceptable de ces ravageurs; aussi les seules applications d'insecticides, quand elles sont justifiées, consistent en incorporation à l'eau des rizières de granulés solubles.

Maliarpha separatella est un autre borer du riz de biologie comparable aux espèces précédentes.

La présence de nombreux parasitoïdes permet une bonne régulation naturelle de cette pyrale.

2.9.3 - Chenilles défoliatrices

Moins importantes que les borers, ces chenilles peuvent localement constituer un fléau car elles sont d'une grande voracité, s'attaquent préférentiellement aux jeunes plantes et la soudaineté de leurs invasions prennent souvent les agriculteurs au dépourvu. C'est en tout cas le fait de Spodoptera exempta . Une autre espèce Nymphula depunctalis signe ses dégâts d'une manière tout à fait caractéristique. Lorsqu'on observe les feuilles de riz cisaillées quand on voit l'eau des rizières jonchées de débris foliaires, on sait qu'on a à faire d'une pullulation de Nymphula depunctalis . Dans les cas extrêmes on peut assister à la destruction quasi totale de la culture. Heureusement, l'infestation se fait par taches et la mise au sec pendant quelques jours de la rizière permet de limiter les dommages.

2.9.4 - Diopsides

Il s'agit de mouches mais de mouches très faciles à reconnaître. De part et d'autre de la tête partent deux pédoncules au bout desquels sont placés les yeux.

Diopsis macrophtalma et Diopsis apicalis , la première de 8 à 10 mm de long, la seconde de 5 à 6 mm.

Les asticots s'introduisent dans les tiges provoquant leur pourrissement, ils peuvent passer d'une tige à une seconde.


Diopside: pupa.


Diopside

Un traitement insecticide des pépinières permet le départ de la culture dans de bonnes conditions. Comme pour les autres foreurs, les variétés de riz à fort tallage sont recommandées.

2.9.5 - Punaises

De nombreuses espèces d'Hémiptères occasionnent localement des dégâts non négligeables. Plusieurs espèces de Jassides du genre Nephotettix, des delphacides du genre Sogata, des pentatomides plus ou moins polyphages Nezara, Acrosternum provoquent des jaunissements, des rabougrissements, parfois la stérilité des épillets. Toutes ces espèces ne justifient que rarement des interventions. Dans les pays à main-d'œuvre abondante, des ramassages de punaises sont pratiqués.

Sur maïs, on retrouve plusieurs espèces décrites sur riz comme Sesamia calamistis, Chilo zacconius auquel il faut ajouter Chilo partellus plus spécifique du maïs Busseola fusca et Eldana saccharina dont les deux plantes hôtes principales sont la canne à sucre et le maïs.

Pour ce qui est d' Eldana saccharina , les spécialistes de l'IRAT estiment que le contrôle biologique naturel élimine 95 % des populations. En cas de fortes infestations, des granulés insecticides disposés à l'aisselle des feuilles et dans les cornets sont d'une efficacité reconnue.

Les maladies à virus du maïs sont également à prendre en considération. Au nombre de trois, la striure, la mosaïque et le «stripe»; elles sont transmises par les piqûres de cicadelles dont l'espèce vectrice est Cicadulina mbila .

Ces viroses peuvent entraîner des pertes sévères mais la lutte directe contre les insectes vecteurs est difficile en raison de la présence d'autres graminées porteuses de virus. Heureusement, on a réussi à sélectionner des variétés résistantes à la striure et un programme de recherches se développe sur mosaïque et «stripe».