
| L'Utilisation des Médicaments Essentiels: Huitième Rapport du Comité OMS d'Experts (WHO - OMS, 1998, 94 p.) |
Une liste de médicaments essentiels doit être conçue de façon suffisamment souple pour pouvoir être modifiée, selon les besoins, de façon à tenir compte des nouveaux médicaments, des nouvelles informations relatives aux médicaments déjà inscrits et des changements de statut des substances placées sous contrôle international. L'expérience acquise avec la liste modèle originale et ses révisions successives, ainsi qu'avec les listes régionales et nationales de médicaments essentiels, a confirmé la nécessité d'une révision et d'une mise à jour régulières. La révision est nécessaire, non seulement en raison des progrès réalisés en chimiothérapie, mais également pour répondre aux besoins pratiques à la lumière de l'expérience acquise. Il n'est pas souhaitable de procéder à des modifications fréquentes et importantes de la liste, car cela perturberait les circuits d'approvisionnement et de distribution et pourrait avoir des conséquences sur la formation du personnel de santé. C'est pourquoi un certain nombre de médicaments ont été conservés sur la liste modèle bien qu'ils aient été largement remplacés dans les pays disposant d'un choix plus vaste de nouveaux médicaments, car ils sont encore utilisés avec succès dans d'autres pays.
Lors de la révision et de la mise à jour de la liste modèle, le Comité s'est appuyé sur les principes suivants, publiés dans son premier rapport:
1. Il appartient à chaque pays de décider, dans le cadre de sa politique nationale en la matière, du degré de développement à donner aux systèmes et aux listes de médicaments essentiels.2. S'agissant de pays en développement, les services de santé auront tout avantage, sur le plan de l'économie et de l'efficacité, à ce que l'achat et l'usage des médicaments essentiels s'effectuent d'une manière organisée. Toutefois, la notion de «listes de médicaments essentiels» doit tenir compte de la diversité des situations locales, si l'on veut qu'elle puisse répondre aux besoins sanitaires réels du plus grand nombre.
3. Il paraît amplement justifié que l'OMS propose des listes «modèles» ou «indicatives» de médicaments essentiels pour aider dans la solution de leurs problèmes ceux des Etats Membres dont les besoins sanitaires sont hors de proportion avec leurs ressources et qui pourraient avoir des difficultés à mener à bien un tel effort.
4. Ces listes «indicatives» ou «modèles» doivent être considérées comme une tentative provisoire en vue de dégager un «tronc commun» de besoins fondamentaux ayant une portée et une applicabilité universelles. Plus les nécessités locales s'éloigneront du «tronc commun», plus les listes devront faire l'objet d'adaptations de la part des autorités sanitaires ou de certains secteurs particuliers des services de santé. Aussi, toute liste proposée par l'OMS doit-elle indiquer les priorités en matière de besoins pharmaceutiques, étant bien entendu qu'un médicament qui n'y figurerait pas ne serait pas automatiquement rejeté. L'existence d'une liste de médicaments essentiels ne signifie pas non plus que les autres produits n'ont aucune utilité, mais simplement que, dans une situation donnée, ces médicaments sont les mieux appropriés au traitement de la majorité de la population et doivent donc être disponibles à tout moment, en quantité suffisante et sous une forme pharmaceutique adéquate.
5. La sélection des médicaments essentiels est un processus continu qui tient compte de l'évolution des priorités en matière d'action sanitaire, des changements de la situation épidémiologique, ainsi que du progrès des connaissances dans le domaine pharmacologique et pharmaceutique. Elle doit s'accompagner d'un effort simultané d'éducation, de formation et d'information des personnels sanitaires pour une utilisation à bon escient des médicaments.
L'OMS examinera avec attention les demandes d'inclusion de nouveaux médicaments sur la liste modèle. Un formulaire prévu à cet effet figure à l'annexe 1.