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close this bookLe cacaoyer, Maisonneuve et Larose, 1990
close this folderV. Mise en place d'une cacaoyère
close this folder12 - Préparation du terrain
close this folder12.8 - Etablissement de l'ombrage définitif
View the document12.8.1- Ombrage définitif par aménagement de la forêt
View the document12.8.2 - Ombrage définitif spécialement planté

12.8.1- Ombrage définitif par aménagement de la forêt

Il s'agit de l'ombrage destiné à constituer le couvert de la plantation adulte. Il est recommandé si toutes les garanties de maintenance ne peuvent être assurées par le planteur. L'ombrage définitif est, en Afrique, généralement constitué par des essences maintenues lors de l'aménagement de la forêt. Il convient alors de sélectionner les arbres à cet effet car bon nombre d'entre eux sont connus pour l'influence défavorable qu'ils exercent sur le développement des cacaoyers. C'est le cas, par exemple, de Piptadeniastrum africanum, de Pentaclethra macrophylla et de tous les types de colatiers (Cola spp.).

De même, tous les arbres reconnus comme hôtes d'insectes ou de maladies susceptibles de s'attaquer au cacaoyer doivent être éliminés; il en est ainsi pour toutes les Sterculiacées et toutes les Bombacées (Fromager, par exemple).

12.8.2 - Ombrage définitif spécialement planté

Dans la plupart des pays producteurs d'Amérique, d'Asie ou d'Océanie, l'ombrage définitif est assuré par des arbres spécialement plantés, dont les plus courants sont Leucaena leucophyla, Gliricidia sepium, différentes érythrines ou encore des albizias. Enfin, d'autres cultures industrielles sont souvent utilisées comme ombrage définitif pour le cacaoyer, et notamment:

12.8.2.1- Le cocotier

La plantation intercalaire de cacaoyer sous cocotier est une pratique couramment suivie en Asie du Sud-Est. Elle s'étend partout où les cocoteraies offrent un sol propice à la culture du cacaoyer, tels les sols volcaniques du Vanuatu, les sols argileux de Malaisie ou les sols alluviaux de l'île de Mindanao aux Philippines. Plusieurs dispositifs d'implantation des cacaoyers sous cocotiers sont adoptés selon les pays. Les cocotiers étant assez généralement espacés de 9 m en triangle, l'un des dispositifs les plus simples consiste à planter les cacaoyers à 3 m en triangle. Il est commode, pour les visites d'entretien et de récolte des deux cultures, de maintenir libre un interligne de cocotiers sur trois


Ph. 5. - Cacaoyers sous cocotiers. (Cl. G. Mossu).

Une cocoteraie en bon état offre d'excellentes conditions | ambiantes pour la culture intercalaire du cacaoyer.

12.8.2.2 - Autres cultures industrielles

Il y a eu plusieurs essais de plantation de cacaoyers sous hévéa, sous palmier à huile, sous aréquier (Areca catechu) ou encore sous muscadier. Toutes ces plantes, lorsqu'elles sont disposées selon leur densité normale, procurent trop d'ombrage pour les cacaoyers, qui se développent végétativement mais demeurent très peu productifs.

12.8.2.3 - Cas particulier des anciennes cacaoyères Régénération des cacaoyères

La replantation de jeunes cacaoyers sous cacaoyère adulte a fait l'objet de nombreuses tentatives plus ou moins couronnées de succès. Avant toute chose, il est nécessaire de rechercher les causes de la décrépitude des plantations que l'on envisage de remplacer. Il faut s'assurer, en particulier, que de simples techniques agronomiques ne suffisent pas à la restauration. Si l'on envisage de procéder à la replantation, la nature du couvert doit permettre de choisir la méthode à adopter.

Si l'ombrage définitif de la plantation est correct et peut être conservé, on peut procéder à la plantation des jeunes cacaoyers dans les interlignes de l'ancienne plantation en prenant toutefois la précaution de sectionner complètement, tout autour des jeunes plants, les racines traçantes des anciens. Là où existent des trous de lumière, des bananiers peuvent permettre de compléter l'ombrage. Lorsque les arbres de la jeune plantation se développent, les anciens cacaoyers, dont on a continué jusque-là à exploiter le revenu, sont progressivement supprimés.

Si l'ombrage définitif de l'ancienne plantation est inexistant ou aussi médiocre que la plantation elle-même, on aura souvent avantage à tout abattre, avec extraction des souches, et à replanter, après reconstitution d'un ombrage provisoire correct à l'aide de bananiers plantains par exemple.

Les principales méthodes de régénération de cacaoyères sont les suivantes:

- Replantation totale: après abattage total, plantation nouvelle sous ombrage temporaire. C'est une technique onéreuse mais généralement rentable pour de petites surfaces.

- Replantation partielle: une partie de la cacaoyère est remplacée chaque année par blocs ou par bandes. Ceci permet le maintien d'un revenu pendant la régénération.

- Replantation sélective: remplacement arbre par arbre. Cette méthode est peu efficace; les jeunes plants disséminés dans la plantation sont exposés aux maladies et aux ravageurs présents sur les vieux arbres.

- Replantation entre les vieux cacaoyers: l'ombrage temporaire est assuré par les vieux cacaoyers et il y a maintien d'un revenu pendant la régénération, mais attention aux problèmes sanitaires souvent rédhibitoires.

- Régénération par rejet: cette méthode consiste à sélectionner un rejet vigoureux parmi toutes les repousses apparues à la souche de l'ancien cacaoyer. Celui-ci peut être recépé totalement dès le début de l'opération, ce qui favorise l'apparition des rejets, ou, au plus tard après la formation de la couronne du rejet sélectionné. Dans ce cas, l'ombrage temporaire est assuré par le pied mère.

- Régénération par greffe sur rejet: après recépage des vieux cacaoyers, on procède, sur l'un des rejets apparus, à la greffe d'un bourgeon prélevé sur du matériel amélioré. Méthode à haut risque, qui ne peut être réalisée que dans les pays à main-d'œuvre habile. La greffe peut être également réalisée, non pas sur un rejet, mais directement sur le tronc du cacaoyer à remplacer; dans ce cas, on ne procède au recépage de l'arbre qu'après la reprise et le développement du greffon.